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Paroles d'experts

 

 

Trouver sa vraie place ... 

 
 

C’est clair, le monde de demain sera numérique : le mouvement est vaste, irréversible, mais doit‐on pour autant renoncer à ce qui faisait la valeur d’un monde où l’objet, encore mieux l’Homme avait sa vie propre, son autonomie, son rythme ?

 

Non bien sûr, et, cette lettre d’information essaie de contribuer à réévaluer la place de la matière (le papier), de l’objet imprimé, et du bon usage que peuvent en faire les hommes…

D’abord un rapide état des lieux de l’OUTIL INDUSTRIEL PAPIER/IMPRIME en France : l’érosion continue depuis 10 ans a amené plus de 15% des usines papetières à fermer, et, il y a encore 10 % des installations en instance soit de fermeture, soit de reconversion vers des secteurs plus porteurs que le secteur graphique (emballage et spécialités). Pour les imprimeurs, les chiffres sont encore plus sévères…. Mais les plus dynamiques, les plus créatifs d’entre ces derniers s’en sortent généralement mieux, grâce, justement au numérique qui permet une re‐matérialisation très souple de bien des signes numériques.

La situation est un peu la même partout en Europe, sauf que la France a un handicap de compétitivité dans ce secteur, là comme dans tout le secteur industriel.…

Quelques exemples pris dans l’actualité récente vont nous aider à essayer de (re) positionner l’imprimé dans le monde numérique…

Il semble que l’UFC Que‐ Choisir veuille relancer (pour la 3ème ou 4ème fois ?) la campagne STOP PUB.

S’est‐on interrogé pour savoir pourquoi environ 15 % des boîtes aux lettres (seulement) ont mis l’autocollant ?

Sociologiquement, ce sont surtout les classes moyennes urbaines (bien informées) qui l’ont collé, ailleurs cela ne marche pas bien fort, spécialement en milieu rural, ou dans certains quartiers sensibles qui reçoivent peu de courrier. A mon humble avis, la manière dont certains voudraient ABSOLUMENT l’imposer ne me parait guère pédagogique, et peu démocratique…

Même des distributeurs qui ont pourtant clamé haut et fort leur abandon du papier (suivez mon regard !) y tiennent : cela reste probablement un bon outil d’information commerciale, surtout s’il est mieux ciblé qu’autrefois, comme cela semble être le cas… En plus, on sait les Français très attachés à consulter leur boîte aux lettres…

Il y a là sûrement encore trop de gaspillage, mais rien comparé à la folie des spams et, autres relances commerciales électroniques qui se comptent par milliards…

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Joann SFAR

Vous le connaissez probablement, c’est un grand créatif, un grand de la BD (art non mineur !) bien connu pour son « Le Chat du rabbin ». Sa formation initiale est la philo !!!

Il y a 2 ans, il s’était mis en tête de faire un film, ébouriffant, foisonnant, comme lui. Il avait rassemblé acteurs, pré‐financeurs, tout semblait bien aller, mais à la lecture du scénario, certains se sont inquiétés : trop fort, trop loin, trop cher, il faudrait mieux couper ceci ou cela… Au bout de quelques mois de combat, il en a eu assez, et, s’est dit : je vais faire un roman….. Au moins, là, je peux laisser libre cours à mon imagination, cela ne coûte pas cher, personne ne pourra m’empêcher de le publier (aidé, il est vrai par sa notoriété actuelle).

Eh bien c’est fait, le roman s’appelle « Le plus grand philosophe de France » chez Albin Michel. D’après les critiques, c’est à la fois marrant, déjanté, mais aussi profond, et agréable à lire.

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Eric FOTTORINO

Eric Fottorino fait partie de nos très bons journalistes, il a su aussi prendre des responsabilités managériales (Le Monde), il a testé les développements numériques actuels. Quelqu’un de curieux, de complet, d’exigeant qui sait aussi prendre des risques.

Quel est le dernier défi qu’il s’est lancé ? « le un » hebdomadaire papier qui traite sur un 8 pages (papier/journal) dépliables un seul sujet analysé par poètes, philosophes, sociologues et techniciens du sujet : son numéro 10, sur Internet/Big Brother est un bon exemple de travail complet, varié sur un sujet dont on n’a pas fini de parler…. Disons que c’est un bon point d’étape, comme devrait être plus souvent le journalisme d’aujourd’hui.

 

 

En guise de conclusion pour passer l’été, je vous propose un petit slogan :

LE NUMERIQUE POUR REAGIR, mais LE PAPIER POUR REFLECHIR !!!

 

 

Bon été à tous.

Jacques de Rotalier

Analyste Média Papier.

 

 

Juillet-Août 2014