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Eclaircies ?

L’Europe et les EtatsUnis sont probablement en train de sortir de la plus longue crise économique de l’aprèsguerre (2008/2013).

L’industrie papetière dans ces deux zones vit ce retournement de tendance depuis plus longtemps : aux USA, la baisse de consommation des papiers graphiques date des années 2000, l’Europe ressent ce changement depuis 2005.

Les marchés des papiers graphiques se sont ainsi contractés de 20 à 30 %, selon les sortes et selon les zones. Et, contrairement à l’économie générale, il n’y a aucune perspective de revenir aux niveaux antérieurs. Moindre gaspillage, économie circulaire, numérique sont les paramètres d’un monde différent dans lequel le papier graphique essaie de tracer de nouveaux chemins.

 
Le territoire graphique français, lui aussi se cherche, et travaille dur pour mettre en valeur ses atouts : bon positionnement géographique, bonnes infrastructures, forêts et papiers récupérés abondants, personnel de haute qualité…

 

Quelques exemples montrent que c’est possible :

L’usine de Stracel, près de Strasbourg, reprise par des industriels belges, finit sa reconversion du papier journal vers du carton ondulé, marché moins chahuté que le marché graphique. Sur ce site on attend aussi une réponse pour une bioraffinerie.

On a déjà parlé ici de l’usine d’Alizay, en Normandie relancée par des industriels thaïlandais : l’outil est bon, mais on peut se poser quelques questions sur la pertinence écologique de ses achats de pâtes en Asie et, de ses ventes jusqu’ici lointaines, elles aussi. Bonne chance quand même.

Tout récemment l’usine de Lana, basée à Strasbourg redémarre avec un industriel danois : cette taille d’usine (petite) au savoirfaire pointu pourrait savérer bien adaptée aux besoins du monde graphique de demain : papiers de qualité, usages de niches…

 

Enfin, toute dernière nouvelle : l’usine Vertaris, au savoirfaire très pointu sur la pâte recyclée vient de retrouver preneur. Un fonds d’investissement nordaméricain représenté par une société suisse prévoit d’y investir 53 millions d’€ pour redémarrer l’usine, et, y joindre une installation de cogénération. La société créée se nomme ACTIVAPRO.

La stratégie des Américains est celleci : elle mise sur le développement inéluctable en France (et en Europe), de l’économie circulaire et parie sur la politique de transition énergétique qui se met en place chez nous.

Après analyse, elle a repéré que l’industrie papetière française entre autres, pouvait être porteuse des paramètres qui feront de cette politique un succès : d’où cette première acquisition d’un des outils de traitement du papier récupéré les plus performants en Europe.

Ce fonds a bien l’intention de constituer un groupe produisant de l’énergie verte et du papier recyclé : cela devrait redonner espoir à d’autres usines en quête de repreneurs. 

A noter derrière tout cela le travail de terrain pratiqué par les personnels des usines concernées, avec les pouvoirs publics locaux. A Voreppe, comme en Normandie, comme à Strasbourg les politiques locaux ont soutenu et aidé les industriels à trouver des solutions que l’on souhaite pérennes.

 

 

L’IMPRESSION DEMAIN ?

 

L’impression électronique et l’impression 3 D font sûrement partie des développements nouveaux de l’impression. On en reparlera…

Mais ici, on va saluer une initiative qui devrait permettre à l’impression de suivre les hommes et les femmes dans leurs déplacements, c’est l’alliance MOPRIA que viennent de lancer CANON, HP, SAMSUNG, XEROX pour créer un standard commun d’impression sur terminaux mobiles : cela évitera d’avoir à télécharger des applications spécifiques.

Souhaitons que cette initiative soit suivie par d’autres acteurs de l’impression : elle permettra à l’imprimé de garder sa place du meilleur support pour une lecture longue et profonde.

 

A bientôt.

Jacques de Rotalier

Analyste Média Papier.

 

 

Octobre-novembre 2013