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L'Etat de l'imprimé ....

 
 

Cette semaine 2 colloques rassemblaient un certain nombre de membres de la filière graphique : le colloque Pap’Argus sur les « Opportunités de la mutation » et le colloque de P.Thuot sur « LA PRESSE AU FUTUR ».

 

Certains trouvent parfois que ces rencontres ne servent pas à grandchose : personnellement je trouve qu’au contraire en ces temps de crise, il est indispensable de pouvoir se rencontrer, échanger, c’est un des moyens de lutter contre une maladie bien française, la morosité. D’ailleurs ces rencontres ont reçu un franc succès.

 

Et, de fait, dans ces 2 colloques, il y a eu des moments forts où les échanges (parfois passionnés, mais tant mieux, si l’on se respecte !) ont  peutêtre permis des ouvertures vers l’avenir.

A Pap’Argus, il y a eu un moment où l’on a échangé sur l’économie circulaire dans la filière.

Cette discussion rude parfois m’a tout de même permis d’approfondir les implications locales et mondiales d’une nouvelle économie qui se met en place. Ce n’est pas toujours évident, c’est complexe mais il faut des lieux où pouvoir s’en expliquer. Et cela montre aussi qu’on est en train de la bâtir, cette nouvelle économie !

 

LA PRESSE AU FUTUR a abordé pas mal de sujets, mais j’en retiendrai un, c’est la question de la diffusion… Grâce à l’impression numérique dont les développements sont spectaculaires, il est désormais possible d’imprimer au plus près de l’abonné, du lecteur, du client. Cette disponibilité grandissante ne peut qu’être favorable au papier et à l’imprimé.

 

Editeurs, créatifs, doivent d’urgence mieux intégrer ce paramètre de proximité non seulement physique, mais intellectuelle.

Quant au Trophées attribués, ils ont montré que la presse fait de réels efforts d’ancrage dans les enjeux de demain, comme l’a dit N. Nougayrède, directrice du Monde, à qui a été attribué le Trophée de la Personnalité de LA PRESSE AU FUTUR.

 
 

IMPRESSION 3 D

 

Il est une autre dimension que certains imprimeurs (offset et numérique) pourraient tester avant que d’autres ne s’en emparent c’est celle de l’impression 3 D.

 

Lors du 3D Printshow qui vient de se tenir au Carrousel du Louvre, j’ai pu constater à quel point ces nouveaux outils pouvaient ouvrir des perspectives énormes à la création, au maquettage, au prototypage, aux courtes séries.

Les matières de base sont variées (plastique, résine, métal) : j’ai même vu une ramette de papier de bureau 80 g, utilisée pour faire un petit jouet : un siège en bois.

Le marché est en plein boom ( + 30 % par an), du fait de la baisse du prix des « imprimantes » et de la souplesse des machines en question. On l’estime à 20 milliards de $, d’ici 2020. Fleur Pellerin pour en développer les usages voudrait implanter ce qui s’appelle des « fab labs », espaces où l’on trouve des imprimantes 3 D, des appareils de découpe laser, etc…

 

Pourquoi ne pas proposer le défi entre autres à la filière graphique qui sait travailler avec les créatifs, et utilise déjà des outils qui impriment à plat, mais qui pourrait y ajouter des outils imprimant en 3 D….

 

Dommage cependant que le fabricant français Phenix System, très en pointe sur le sujet ait été racheté par un groupe américain (3D System). Arnaud M. et Fleur P. ont beau avoir des bureaux dans l’immeuble le plus prestigieux de France, ils ont raté ce couplà !

Mais cela montre aussi que nous avons tous encore bien des efforts à faire pour passer de l’innovation au marketing puis à l’industrie… C’est une maladie bien française que de trop en rester aux concepts.

 

 

 

 

LE PAPIER ET LA CULTURE…

 

A l’initiative de la Sacem, le cabinet EY (anciennement Ernest and Young) vient de faire une étude très profonde sur « l’industrie culturelle » en France.

9 secteurs sont analysés, dans l’ordre d’importance ce sont les Arts graphiques et plastiques/TV/Presse, Journaux/Musique/Spectacle vivant/Livre/Jeux vidéo/Cinéma/Radio…

 

Le tout représente 75,6 milliards de ca et 1,2 millions d’emplois, soit 5% de l’emploi national, et un impact économique équivalent à celui de l’immobilier ou de l’hébergement et de la restauration.

 

Pas besoin d’être grand clerc pour voir que la filière graphique et ses supports papiers/cartons jouent un grand rôle dans cet ensemble : elle est impliquée dans à peu près 40 % des emplois et du CA.

Il était temps que les industries de contenus fassent enfin leur bilan pour passer à l’offensive et répondre aux méthodes des fabricants de tuyaux ou algorithmes numériques qui vivent (grassement) des contenus faits par les créateurs, et, en plus ne paient pas d’impôts !

 

Ce contexte devrait permettre à l’association Culture Papier lancée par la filière depuis 3 ans de se développer pour faire passer les messages spécifiques de la filière graphique sur la valeur culturelle de l’imprimé qui peut bien sûr aussi s’appuyer sur le numérique pour se développer, se renouveler, se rapprocher. Déjà 200 entreprises de la filière font partie de l’association, il en faudra encore plus pour que la voix de l’imprimé fasse entendre sa spécificité à l’intérieur de la culture de demain.

Culture Papier nous donne d’ailleurs rendez-vous à Marseille, le 6 décembre pour son 3ème colloque national bien dans l’air du temps www.culturepapier.com.

Une superbe expo sur le papier (Les feuillets d’art) enchâssera le colloque.

 

 

 

Bon courage à tous.

Jacques de Rotalier

Analyste Média Papier.

 

 

Novembre-Décembre 2013