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Oser !

Comme prévu, ce premier semestre aura été très difficile pour la filière graphique.

Fermetures, fusions, achats, ventes continuent à un rythme élevé sur toute la chaîne :

l’adaptation à la situation nouvelle bat son plein.

 
Peu à peu tout de même, certains se rendent compte que vivre un futur tout numérique comporte certains risques graves de stress, de pertes d’intimité, de transparence totalitaire. Ce retour d’un certain bon sens permettra probablement au papier et à l’imprimé de garder une place plus modeste qu’avant, mais une place de « vrai choix ».

Cette perspective donne l’occasion à certains d’entre nous de continuer à prendre des risques, à oser des aventures économiques, (et) ou créatives.

 

Prenons quelques exemples récents.

 

OSER GRAPHITEC 2013 !

 

Bien sûr, nous ne sommes pas à la Drupa, ni même au GRAPHITEC des années 1990, mais les 10 000 visiteurs présents n’auront probablement pas regretté leur visite : ils auront pu constater combien l’esprit même de ce genre de Salon a évolué.

On est de moins en moins dans la performance quantitative, mais de plus en plus tournés vers le qualitatif et l’interactivité avec les autres médias. Le qualitatif amène une production d’images améliorée, et participe au meilleur ciblage des messages à porter.

Cela devrait apporter un surplus de valeur au travail effectué, malheureusement l’histoire récente de l’accès aux images par Internet a bousillé une partie de cette valeur en introduisant une (fausse) culture de la gratuité.
 

Il faut donc faire avec, mais cela demande un effort considérable d’explication pour reconquérir la partie de valeur perdue par l’image imprimée à cause de l’envahissement de l’image/écran. C’est l’un des enjeux cruciaux de ce genre de salons.

D‘autre part, pas mal d’associations professionnelles profitent de ce lieu de rencontre pour faire le point, rassembler les acteurs graphiques dans un esprit non plus de compétition, mais de compréhension des problèmes communs : l’UNIC, le SIN, la CCFI, l’ATEP ont participé activement à ces moments où l’on essaie de décrypter quel pourrait être le futur d’un imprimé compétitif et qualitatif.

Enfin, Jacques KRABAL, député de Château Thierry, président du groupe d’étude parlementaire « Papiers et Imprimés », a lancé devant un public matinal nombreux

(rassemblé par Culture Papier) les travaux de son groupe d’étude qui nous concerne au premier chef. Encore un groupe de travail me direz‐ vous ! Pas forcément, car les 50

parlementaires inscrits approfondiront le travail initié par leurs prédécesseurs : on aura bien besoin de leur ténacité pour faire comprendre combien l’enjeu de leurs travaux est à la fois culturel et économique !

 
 

OSER UNE PRESSE NOUVELLE !

 

Le pari le plus osé est certainement celui de Nicolas Beytout : refaire un quotidien en pleine déferlante internet est très audacieux. Il s’engage pour une ligne éditoriale qui aurait du mal à s’exprimer chez nous, pourquoi pas ! En tout cas, bon courage…

Par contre, je pense que le magazine papier aura toute sa place dans le monde numérique qui se met en place.

A « France Culture Papier », « XXI », « 6 Mois », vient de s’ajouter « Au Fait » ; je ne sais si vous l’avez remarqué mais ces magazines épais non seulement font des articles longs, profonds, mais ils soignent tout particulièrement leur mise en page et leur graphisme. Le tout donne une lecture où alternent plaisir de la lecture profonde, et plaisir de l’œil grâce à un graphisme d’un niveau parfois remarquable. Seul le support papier permet une telle combinaison !

 
 

OSER UNE PILE EN PAPIER !

 

Comme déjà mentionné, Grenoble avec l’ INP/Pagora et le CTP est LE lieu en France où se travaillent recherche et innovation en Papier/Carton et Impression.

 

L’ensemble INP dont fait partie Pagora est d’ailleurs toujours situé au top des écoles d’ingénieurs concernant la R§D, en compétition directe avec Polytechnique et Mines Paris Tech.

Des produits nouveaux sont ou seront proposés en chimie verte, biomatériaux, électronique imprimée, etc…

Juste un petit regard sur une proposition récente : une équipe de Pagora comprenant Didier Chaussy, David Beneventi ( Laboratoire de Génie des Procédés Papetiers) avec Lara Jabbour doctorante (en coopération avec le Politechnico di Torino) ont reçu le Prix des Techniques Innovantes pour l’Environnement dans la catégorie ‘’Maitrise de l’énergie », organisé par l’ADEME.

 

Ils ont conçu une nouvelle batterie liion sur laquelle les électrodes en polymère ont été remplacées par des électrodes en papier. Le solvant toxique a été supprimé et le liant fluoré remplacé par des fibres et microfibrilles de cellulose. Selon un procédé simple de filtration en milieu aqueux, les fibres sont destructurées à l’échelle nanométrique, formant un réseau 3 D qui garantit résistance mécanique et contact entre particules conductrices.

Cette batterie flexible, économique et écologique pourra servir dans les véhicules et les centrales d’énergie renouvelable.

Un démonstrateur est en route, et, les étapes ultérieures à plus grande échelle sont en cours de préparation. L’enjeu est considérable, et toutes les collaborations seront les bienvenues.

 

Bonne chance à cette nouvelle batterie, on vous tiendra au courant…

 

Bon été à tous.

Jacques de Rotalier

Analyste Média Papier.

 

été 2013