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Une rentrée anxieuse

 

 

 
 
ENFIN !!! DES ANALYSES SERIEUSES SUR L’IMPACT DU NUMERIQUE

 

 

Cet été sont sorties 2 études sur l’impact écologique et énergétique du numérique… La première menée par le Cabinet Carbone 4 que la profession connait bien puisque ce cabinet a été l’un des premiers à mesurer l’impact de la filière de l’imprimé, il y a déjà plusieurs années. Il a alors contribué à la prise de conscience et aux efforts menés depuis par les acteurs de l’imprimé.

L’étude porte sur la France et ses émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) depuis 2008 : le niveau français d’émission aurait augmenté de 1,8 %, mais compte tenu de l’augmentation de la population le niveau d’émission par habitant aurait diminué de 0,7 %. C’est peu, mais derrière cette moyenne globale se cachent de grandes variations : les émissions liées au chauffage auraient ainsi diminué de 14 %, premier signe tangible des efforts faits en ce domaine (isolation, chaudières plus économiques, plus écologiques ).

Les émissions liées à la consommation de viande auraient diminué de 8 % : est ce un signe de changement des habitudes alimentaires ? A voir.

 

Où se trouveraient les signes contraires ?

Dans l’achat de tout ce qui tient aux nouvelles technologies et, selon C4, les émissions liées aux achats (uniquement) de High Tech. Autrement dit toutes les évolutions positives liées aux habitudes anciennes sont entièrement contrebalancées par les achats du « tactile » (+ 40 % d’émissions en 5 ans) : nous en sommes à 15 millions de Smartphones, et 3,6 millions de tablettes !

Une autre étude menée au niveau mondial par le Cabinet Digital Power Group porte, elle, sur la fabrication et la consommation énergétique du numérique.

 

Aujourd’hui l’économie numérique consommerait 10 % de la production mondiale d’électricité

 

Beaucoup plus qu’imaginé jusqu’ici, et l’équivalent de la production annuelle de l’Allemagne et du Japon ! Cette consommation serait en voie de dépasser celle de l’éclairage ! L’arrivée de la 4 G, et des pays pas encore émergés devrait doubler ce chiffre d’ici 20 ans, malgré les efforts promis par les leaders de ce marché.

Maintenant que ces chiffres sont publiés à grande échelle, on peut espérer que les grands du numérique s’empareront sérieusement du problème pour le traiter en interne, et arrêteront de détourner l’attention du grand public vers les professionnels de l’imprimé qui, eux, travaillent le sujet depuis plus de 20 ans !
 
 

 

UNE RENTREE LITTERAIRE DE QUALITE.

 

550 romans sont proposés aux lecteurs français en cette rentrée d’automne 2013, c’est une baisse de 15 à 20 %.

Ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle, car on avait atteint un niveau quantitatif ingérable pour les 12 000 libraires ou 23 000 points de vente de livres en France.

 

De plus, les premiers échos, semblent montrer qu’il y aura pas mal d’excellentes choses à lire cet automne

soit en romans français, par exemple lECHANGE DES PRINCESSES de Chantal Thomas, NUES de Jean Philippe Toussaint, PETITES SCENES CAPITALES de Sylvie Germain, etc…),

soit en romans étrangers, par exemple UN MONDE FOU, BEAU et CRUEL de Troy Blacklaws, CONFITEOR de Jaume Cabré, etc…

soit en romans jeunesse, par exemple LA VIE EST BELLE de Christophe Léon, LE COEUR DES LOUVES de Stéphane Servant.

Ce choix renouvelé devrait permettre au livre de rester le bien culturel le plus vendu (à 367 millions d’exemplaires) pour un chiffre d’affaires de plus de 4 milliards d’€, soit 2,5 fois le CA des loisirs interactifs.

 

 

 

2 initiatives intéressantes à souligner :

  •  d’abord une déclaration commune des éditeurs français et allemands (une première parait il) pour souligner limportance du secteur dans les 2 pays et rappeler aux autorités européennes que les enjeux économiques et culturels du secteur y sont considérables (droits d’auteur, place du numérique…).
  • Autre initiative, l’université Columbia de New York organise avec la BNF et la Villa Gillet, à Paris et Lyon, le weekend prochain, le premier festival des Ecrivains du Monde : plusieurs dizaines d’écrivains du monde entier viendront échanger avec leurs lecteurs…

Tout ceci montre que la « lecture dite profonde » est encore vivante même s’il va lui falloir laisser de la place à d’autres types de lectures plus fractionnées, plus glissantes sur des supports numériques multiples et variés.

Mais si les éditeurs gardent le cap sur une meilleure gestion (moins de stock, moins de pilon), sur la créativité, sur la qualité littéraire, il n’y a pas de raison que le livre ne sache pas s’adapter au monde nouveau et continue à se présenter comme l’un des meilleurs objets d’une culture même mondialisée !

 

 

L’anxiété n’est pas mauvaise conseillère !!

 

 

 

Bon courage à tous.

Jacques de Rotalier

Analyste Média Papier.

 

 

Septembre-octobre 2013