Jean-Louis de la Salle

Interview Express
 
 
 Vice président Xplor-France
 
 

1.       Quel est votre domaine de prédilection ? Pourquoi ?

 

Mon centre d’intérêt pour Xplor a toujours été un peu décalé de l’image traditionnelle d’Xplor. D’abord je ne crois pas à la tradition lorsque l’on travaille dans la high tech. Par contre je crois à la pérennité des enjeux d’entreprise ou d’organisation. Les buts ne changent pas, les moyens considérablement.

Xplor s’est initialement et historiquement préoccupé de la production industrielle de documents imprimés. A cette époque la production bureautique se faisait dans le plus grand désordre et je sentais bien que ce gâchis ne pourrait durer que ce soit pour des raisons économiques ou environnementales qui là se rejoignaient. L’avènement des politiques dites de MPS et MDS dont je suis spécialiste est la reconnaissance de ce mouvement.

Depuis la numérisation de la société à beaucoup fait évoluer les choses et si auparavant on opposait « ordre » de la production industrielle et « désordre » de la production individuelle, nous en sommes aujourd’hui à comment « ordonner » une production massivement individuelle, tout en gardant raison entre performance économique, marketing, légale et environnementale. Sujets passionnants. 

 

 

2.       Quels sont les enseignements issus de votre expérience que vous souhaiteriez partager ?

 

Par mes fonctions et par intérêt ,  j’aime aller au fond des questions et revenir au pourquoi on réalise quelque chose. Bien définir ceci permet de considérer le changement comme moins inquiétant et d’accompagner ses clients ou usagers qui eux n’attendent pas notre permission pour évoluer. Evoluer pour être pérenne. La technique m’intéresse peu en tant que telle. Je trouve le marketing de la high tech en général assez pauvre décrivant une liste de fonctionnalités mais abordant mal les enjeux.  Faire comprendre ces enjeux de changement sous tendus est la partie la plus intéressante de notre activité.

 

 

3.       Quelles sont, selon vous, les voies de l’innovation du document et de son écosystème ?

 

 

Je parlai plus haut d’ordonner une production massivement individuelle. Ordonner c’est à dire être capable de disposer du bon document au bon format, au bon endroit et au bon prix.

Massivement car on traite une variété de formats et une quantité en volume et ce, en quasi temps réel. Il y a là tous les enjeux technologiques mais aussi de la décision immédiate prise sous la contrainte, de l’impatience réelle ou perçue du client, de la décentralisation de la décision car le sommet ne peut plus absorber/traiter de tels volumes d’informations. Cette complexité entraîne aussi de larges chaines de sous-traitance trans-nationales mais l’ensemble doit faire sens en gardant une cohérence et une intégrité.

Individuelle enfin, car une grande part de la production documentaire et informationnelle n’est plus produite par les émetteurs classiques mais par des membres de l’écosystème sans relations hiérarchique ou dépendance économique avec l’émetteur principal. Il y a donc une vraie déstructuration du fil documentaire que l’émetteur doit maîtriser.

 

4.       Quel serait le propos de votre futur article ?

 

Je publie régulièrement sur mon blog http://document-advisors.com ; je contribue régulièrement aux échanges sur Documation. Je serai heureux de partager des contenus et commentaires avec la communauté Xplor France.